mercredi 4 janvier 2017

Las Fonts: la préhistoire à portée de lampe

La grotte de Las Fonts

Dimanche 11 décembre 2016 



Secteur : Grésigne et alentours

Commune : Penne et Vaour

Météo : beau temps lumineux et sec

Participants : Charlette, Christophe, Louis, Franck, Alain, Régine et Dominique

Sites visités : grotte de Las Fonts dite aussi "grotte des Tarnais" ou "grotte des Carmausins". C'est selon...


Voitures : Franck et Christophe

À l'est Vaour, à l'ouest Penne, au sud le dôme de la Grésigne. C'est sur le causse, au creux d'une doline que se localise la grotte de Las Fonts (1). On y pénètre en rampant par un petit boyau descendant d'un diamètre de 60 cm. Assez incommode à franchir, il fut ouvert au printemps 1987 par l'OURS (2), il y a maintenant 30 ans.

La grotte à l'extérieur présente actuellement un auvent exposé au nord.

La grande salle mise en lumière

Passée la difficulté d'entrée, on pénètre dans une vaste salle composée à l'ouest d'un remplissage de dépôts argileux qui avait fini par combler l'entrée à une époque indéterminée. Il est marqué par un fort pendage  et contient des dépôts archéologiques de l'extérieur de la cavité qui fut longtemps un abri sous roche (3). Tout au moins c'est l'interprétation la plus évidente.

À l'est, une belle coulée stalagmitique en formation s'offre au regard. A priori, nous ne remarquons aucune gravure, aucun graffiti (même récent). Les microreliefs de la voûte se prêtent mal à l'exercice. Nulle trace - à première vue - de pigmentation non plus.
La salle a subi les assauts de visiteurs peu scrupuleux : fistuleuses arrachées et piétinement de zones fragiles. Cependant, peu d'indices de fouilles sauvages comme il si est fréquent. 

Observation de la grande salle

Quantité de matériel repose donc enseveli, suite à des glissements. Il y a peu de chance qu'il réponde à une logique d'empilement. Tout au moins sur le haut du dépôt. Il suffit de regarder la surface du sol pour s'en convaincre. Elle livre des os en bon état de conservation (surtout de la microfaune) et du silex comme le prouvent nos clichés.

Observation superficielle sans détérioriation des dépôts de remplissage entrés dans la grotte sous l'effet d'actions climatiques.


Ramassage au sol. Typique du Magdalénien, ces quatre incisions bien marquées parallèles sur un os animal indéterminé témoignent avec guère de doute d'une intention humaine. Laquelle? C'est une autre histoire.
 
Ramassage au sol. Éclat de silex. Visibles sont les négatifs d'enlèvement et le point d'impact. L'arête a été retouchée dans un but inconnu.

 
Dent d'herbivore, probablement de cheval.


Dans la grande salle, il est difficile de suivre le cours aval de la rivière tant les diverticules sont étroits. Il est impossible de s'y glisser.

La galerie inférieure
Elle est descendante par paliers. On alterne plancher calcitique et dépôts de petits galets qu'ont drainé le cours d'eau. Certains dépôts de calcite qui jalonnent les bords ont fossilisé des os (4). Par endroit, des cuvettes. On peut distinguer en outre des niveaux d'accumulation  de cailloutis qui reflètent les étapes de l'histoire de la grotte.

La grotte est active. Petit gour et plage souterraine.


Difficile à repèrer, vertèbre d'un gros mammifère fossilisée. À protéger.
Nous ne dépassons pas une cinquantaine de mètres dans la progression, à cause de  notre matériel insuffisant et de la difficulté à se mouvoir dans la galerie qui s'amincit. Celle-ci s'étale sur plus de 400 mètres.

Charlette à l'oeuvre


Continuer plus en avant relève de compétences qui nous dépassent


Ramassage au sol hors la grotte 

À la nuit tombante, nous prospectons à proximité de la cavité où nous relevons un grattoir

Grattoir museau retouché sur tous les bords.

Notes
 
(1) - Les Fontaines en occitan.
(2) - C'est une association. Obscurs Univers Rochers et Sentiers de Saint-Benoit de Carmaux.   
(3) - La genèse précise de ces événement peut être tracée par un un karsiologue. 
(4) - Il n'est pas impossible de dater ces coulées.

Incursion rive gauche de l'Aveyron


Sortie du samedi  17 décembre à la grotte du bassin à Penne


Secteur : Grésigne et alentours

Commune: Penne (rive droite de l'Aveyron)

Météo : ciel bleu, presque chaud

Participants : Charlette, Christophe, Louis, Régine, Bernard A. , Marcelle et Alain

Sites visités : grotte du bassin

Voitures : Christophe


La petite grotte dite du "bassin" 

Nous sommes, ce jour-là, retournés au bord de l'Aveyron. Même chemin que la sortie de cette fin d'octobre.

Après une ascension de la pente, par une piste abrupte, nous avons enfin trouvé la grotte du “bassin" à proximité du bâtiment exploré précédemment (1). ll y a de fortes chances pour que les deux bâtiments aient eu un lien par le passé.

La grotte est à flanc d'une petite falaise "bajocienne" et offre une belle exposition au sud-est.
Elle présente la caractéristique d'avoir un bassin remarquable, disposé à son entrée, qui lui a d'ailleurs donné son nom. Il est taillé à même la roche dans une protubérance de nature calcitique. Les margelles de ses faces sont très irrégulières. La forme générale s'apparente à celle d'un triangle. La cuve est profonde de 20 centimètres environ.


 La grotte du bassin telle que l'ont relevé les membres de la SSPCV tout récemment.


Un diverticule prolonge l'abri mais, à ce jour, il est beaucoup trop étroit pour un passage humain.

Ce type de grotte est-il lié à une activité pastorale avant l'installation des vignes? Sa fréquentation, encore actuellement, a sans doute perturbé les couches de sédiments qui ne sont pas profondes.


Cette petite cuve si originale fruit d'un travail de creusement eut-elle des fonctions rituelles (2) ou, plus simplement,  servait-elle à abreuver le bétail ? La question reste en suspend.
Par ailleurs, la cavité était - toute ou en partie - clôturée par un muret d'un mètre de haut dont il demeure encore des blocs en formation sur les côtés. Le bassin s'inscrit ou s'intègre dans l'alignement de ce mur légèrement à l'intérieur de la cavité. Il reçoit de l'eau du haut de la cavité.

La grotte du Roc de Pujol


Dans un deuxième temps, nous nous sommes rendus à la grotte du Roc de Pujol. Grotte sèche, elle connaît un développement sur une centaine de mètres. Le réseau est facile à explorer mais ne comporte apparemment aucune gravure. Elle n'a pas donné lieu à des aménagements particuliers et originaux.


Vulpes vulpes, renard en cours de calcification. Il est en connexion anatomique...
Étrangement aucun carnivore n'a dérangé son squelette.

Le sol sur le fond est recouvert d'argile avec de hauts plafonds à marmites.


Notes
(1) - Pour ce, nous remercions Bernard Valette de ses précisions.
(2) - On peut renvoyer le lecteur aux travaux menés par Georges Brétaudeau dans Les Alpes du Sud à propos de ce genre de structure.