vendredi 17 juillet 2015

Un cabinet d'amateur


Compte rendu de la sortie du CAPA du samedi 4 juillet 2015
Le Verdier (1)

Secteur : CordaisGrésigne et alentours

Commune : Le Verdier

Météo :  forte chaleur

Participants : Louis, Marcelle et Christophe

Site visité : les alentours du dolmen de Saint-Paul
Voitures : Louis et Christophe


Une visite à Jean Vaissié

Présentoir avec vitrine dans le salon de Jean Vayssié


  Un collectionneur

Ce jour-là, avec Louis F., nous nous sommes rendus chez Jean Vaissié aux Garrigues sur la commune du Verdier. Cet ancien chimiste cantalou fort sympathique conserve une belle série lithique connue des préhistoriens locaux. Suite à un signalement de Régine, c'est Marcelle Goisset de Sainte-Cécile-du-Cayrou qui nous avait informé de son existence (2).

Après un questionnement de nature technique en bonne et due forme, Jean Vayssié nous a présenté ses pièces et nous avons pris quelques-unes en photo.

Le Verdier : une usine à silex

La série lithique récoltée montre une grande variété temporelle de la petite pointe de flèche néolithique au biface acheuléen ; que de siècles écoulés!

Comme le faisait remarquer André Tavoso, au Verdier, l'abondance de ressources est telle que nul n'est besoin d'économiser la matière première. Sans relâche, des générations et des générations de tailleurs ont tapissé le sol de leurs déchets. Moustériens, Acheuléens, Néolithique, meulière du XVIIIe siècle, c'est selon. Il y en a véritablement pour tous les goûts. Les utilisations du silex s'étalent sur des centaines de milliers d'années. Dès lors, le paysage archéologique est pour ainsi dire passablement embrouillé (3)

Quant aux outils finis, facilement repérables (bifaces, racloirs, lames, pointes de flèche), ils ont été le plus souvent emportés loin du Verdier. Cependant, des exceptions garnissent des collections privées dont le devenir est incertain et compliqué (4). Isolés de leur contexte les outils ont peu de valeur archéologique en tant que tel. Ils ont parfois une valeur pécuniaire.

Tous les pièces de Jean Vaissié - sans exception - proviennent des champs et vignes à l'est du dolmen de Saint-Paul (Sainte-Cécile-du-Cayrou) et sont issues de ramassages successifs sur plusieurs années. Le plus souvent au début de l'automne.

Deux pièces remarquables frappent dés le premier abord notre attention.

D'abord, un biface de plus de 20 cm de long sur gros galet de quartz (5). Il est réservé au talon et taillé au percuteur dur de façon rapide sur les deux faces. Demeure des plages du galet initial. Il n'est pas pointu (6) et les tranchants sont presque rectilignes et retouchés ici et là, mais grossièrement. Il est assez caractéristique des outils les plus anciens que l'on trouve dans le Tarn à l'Acheuléen. C'est surtout sa dimension qui impressionne.




 Face convexe
Face plane
Notez dans le cas présent la taille des enlèvements hors-normes. Parfois de 10 cm.

Autre pièce intrigante, un petit biface roux taillé au percuteur tendre autour d'une micro-galerie en forme de trou qui ne semble pas avoir servi d'emmanchement. Recherche esthétique ou fonction pratique inconnue ? Allez donc savoir.


Il ne s'agit pas d'une perforation d'origine humaine mais bel bien d'un accident naturel du silex. Il n'y a pas eu de forage. Le trou oriente la taille et le choix.



Après un pastis rafraichissant, nous prospectons sans grand résultat (7). Nous remarquons des zones à rognon et des éclats indubitables mais pas d'outils. Nous reviendrons sur les lieux à un moment plus propice et surtout sous une chaleur moins accablante.


Notes

(1) Pour des raisons pratiques (suite aux conseils de Marcelle) et parce que la rencontre a été décidée rapidement, la sortie n'était pas ouverte à tous les membres. Elle se déroula en matinée.

(2) Marcelle elle-même a fait quelques découvertes que nous prenons en photo.

(3) Quand les déchets ne sont pas enfouis par les circonstances.

(4) Nous nous arrêterons un jour plus longuement sur le sort de ces collections en donnant quelques exemples.

Le territoire en question (Le Verdier) n'est pas dépendant d'un centre de conservation officiel. La collection appartiendra un jour (lointain j'espère) aux héritiers à moins que des démarches particulières soient accomplies par l'inventeur.  Ce que nous souhaitons. Les héritiers ne sont pas toujours passionnés par "les vieux cailloux" et cela peut se comprendre.  

(5) D'ailleurs étranger au contexte géologique du Verdier.

(6) Limite "hacherau" pour les spécialistes.

(7) Mais est-ce vraiment étonnant ? Jean Vaissié fatigué ne peut pas nous accompagner. Il le déplore.



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