mardi 19 mai 2015

Petite virée en terres connues


Compte rendu de la sortie du CAPA du mecredi 13 mai 2015
Puygouzon, Lamillarié et Castelnau-de-Levis



Secteur : Réalmontais (surtout) mais aussi Cordais

Commune : Puygouzon, Lamillarié, Castelnau-de-Levis

Météo : couvert, chaud et très lourd

Participants : Michel P., Martine, Jean-Simon, Yann, Régine, Sylvane, Franck, Claudette, Charlette, Jean-Pierre, Guillaume et Christophe

Sites visités : site de La Garenne proche de Montsalvy, site de Fourmazel”, site du Carla
NB : Un site gallo-romain inédit a été repéré vers le Puech d'Estépou par Guillaume Pech. Il a été bien localisé, nous y retournerons cet hiver.

Sites vus ou évoqués : Le Ségalar et Saint-Salvy

Voiture : Christophe, Michel P. et Guillaume

Archives et topographie

 Reste de butte-témoin à La Garenne. Relief de hauteur, entaillé par deux "serres". Elles est la trace comme d'autres dans le même périmètre de dépôts du Tertiaire et du travail de l'érosion.

Nous nous rendons d'abord sur le lieu-dit “La Garenne” à Puygouzon où le terrain ouvert et bombé a été passé au rouleau. Il est vide de culture. Nous profitons de l'occasion pour observer le lieu à fleur de sol. Quelques «aulx» traînent encore. Autant dire, peu d'éléments  vraiment probants.
En 1967, suite à l'arrachage d'une vigne Jean Lautier et Jean-Pierre Antonini (1) relevèrent un «fond de cabane». C'est une tâche plus sombre qui attira l'attention. Ils remarquèrent la présence de morceaux de grosses poteries épaisses non tournées qui furent attribuées à l'époque gallo-romaine sans grande précision. Il y avait aussi de la sigillée et des outils préhistoriques, type galet de quartz façonné. Il n'est pas rare d'ailleurs que les deux soient associés sur les mêmes sites pour notre plus grande perplexité.
Cette «garenne» était boisée au Moyen Âge. Elle appartenait au XIIIe siècle aux chanoines du chapitre de Saint-Salvy d'Albi qui possédaient le « château de Montsalvy ». Il semblerait que l'endroit était réservé à la chasse. Sur une partie, les chanoines y prélevaient des impôts.

Ce site, que nous connaissons bien, en position dominante, aurait été fortifié ou fossoyé (à présent comblé) sur la partie basse ; ce qui n'aurait rien d'étonnant au vu de sa configuration actuelle. Un beau talus, présent déjà au XIXe siècle si l'on se fie aux limites de parcelles du cadastre napoléonien. Une trace d'enceinte ? Possible.

 Limite de parcelle déjà au XIXe siècle. Cadastre dit "napoléonien" . 
Sources: Archive départementale du Tarn

 Vue du ciel, le talus en question en 2013. Sources: IGN ( Géoportail)

Nous avions fait le tour de la parcelle à la recherche de traces d'enceinte il y a quelques années sans grand succès à vrai dire. L'espace sur le bord est vite forestier. En conséquence, il est bien difficile de se faire une idée.


Là où la forme du relief interpelle. Quelle est la raison de ce talus ancien qui n'a vraiment rien de naturel?

Saint-Afric d'Alaux, une église disparue

Faute de trouver de nouveaux indices, nous nous rendons ensuite sur le site de Fournazel où était implantée l'église de Saint-Afric d'Alaux. Première mention: début du XIIIe siècle.(2) On connait sa présence par une bulle papale de 1219. L'église est peut être encore plus ancienne, bien sûr. Elle « disparaît » - reste à savoir jusqu'à quel point - au milieu du XVIIe siècle. Rien sur la carte du diocèse d'Albi du graveur cartographe Melchior Tavernier en 1642. Au passage, en 1700, de l'archevêque Charles Le Goux de La Berchère, lors d'une visite pastorale, elle n'est déjà plus qu'un souvenir. Lui-même l'écrit. Et les habitants des lieux demandent un autre bâtiment de culte proche des habitations.

 Localisation de Saint-Afric sur le Puech d'Alaux. Cadastre dit "napoléonien".
 Sources: Archive départementale du Tarn

Comme le matériel au sol est copieux (3), il est assez facile de localiser le site. De visible, ne reste plus qu'une croix, la croix d'Alaux et un beau bloc calcaire. Un nom aussi, celui du «cimenteri d'Alaux», ou encore la parcelle de «La Glezia» (4) Cela se passe de commentaire. À signaler que Guy Mercadier y vit une «motte castrale» en 1985 dans son inventaire de l'Albigeois.

En 1870, puis en 1933, les érudits locaux menèrent «des fouilles»(5). Sans trop de ménagement à vrai dire. On sortit des sarcophages. Un de ceux-ci est observable aujourd'hui chez monsieur Bonnet que nous avons rencontré depuis. Il habite au niveau du château d'eau et conserve un spécimen assez abimé comme bac à fleurs.

Beaucoup plus récemment, un exploitant, lors de travaux, a relevé la présence d'un sarcophage qu'il a aussitôt recouvert dans la crainte d'embêtement judiciaire. Rassurons-le. Il s'agit d'une découverte fortuite et pas d'une recherche de trésor. Donc aucun risque a priori, tout au moins avec les services de protection du patrimoine archéologique. Il est  même dommage que nous n'ayons été informé que tardivement. Nous aurions pu faire quelques remarques de nature stratigraphique, entre autres. 

Le site est intéressant et même prometteur car il a été protégé durant toute une période (contemporaine) des assauts du monde rural. Un peu moins des assauts des savants. Par ailleurs, si le sarcophage a été trouvé en place à l'endroit précis de l'aménagement en cause, cela en dit long sur l'étendue du fameux cimetière d'Alaux. La distance à l'église est d'une centaine de mètres. Fort heureusement, les tombes sont profondes à l'abri des détections intempestives et destructrices. Certains en seront pour leur frais.

Nous prenons la voiture pour rejoindre les berges du Tarn.

Un petit tour au "Carla" à la chapelle Saint-Cécile

Où l'association « Mille étoiles pour l'enfance » aménage une halte sur la berge pour accueillir dès cet été les touristes venus du Tarn par les gabares. Personne. Ce jour-là, impossible de visiter l'intérieur de la chapelle.

Des travaux ont lieu pour permettre aux visiteurs de remonter la pente pour visiter l'église. C'est l'occasion de «fouiller» les déblais et gravats qui couvrent la pente sans grand résultat (6).

Dans la pente justement, nous signalons quand même la trace de couches alluviales quaternaires (7).
La plus haute est formée de cailloutis serrés. Les galets sont de taille inégale mais plutôt petite. Il serait intéressant pour la suite d'établir son exacte position par rapport au bâtiment.

 Couche de cailloutis en place. Fin du Würm
 
Une autre, plus basse, est une couche de limon marneux très compacte, jaune, sans cailloutis. Nous ne pouvons pas mesurer l'épaisseur des couches. À défaut,  nous les prenons en photo.

Nous estimons à 15/20 m le dénivelé du lit du Tarn jusqu'à la terrasse où est installé l'édifice (8) dans les alluvions de la basse plaine à l'abri des crues.

L'église a laissé peu de traces archivistiques. Si l'on s'en tient à celles-ci, elle fut longtemps une ruine. Et même à plusieurs reprises dans l'histoire avant de subir des rénovations plus ou moins durables. Justement ces aménagements successifs rendent difficile une datation d'origine. Son origine, au moins, serait médiévale. Les éléments restants remontent pour la plupart de la fin du XVe siècle avec quelques exceptions tout de même. En l'occurrence, ce «réemploi ».

Le réemploi


Il est encastré dans un mur, côté extérieur. Il s'agit d'une portion de chapiteau à motif floral avec le tailloir sur le haut. De type roman. Période du XIIe siècle. Il est de travers. J'attends une confirmation de Marc ou d'un autre spécialiste. Il y avait d'autres chapiteaux roman à l'intérieur mais ils ont été volés. On conserve cependant quelques photos.

Le bâtiment - sous une forme ou sous une autre - existait déjà début XIVe siècle sur la route qui conduisait de Castelnau à Marssac, rive droite du Tarn. Son tracé est différent de celui d'aujourd'hui. La voie ne longeait pas l'abrupt calcaire mais passait plus avant dans la plaine à proximité de la chapelle.

Bien sûr, sa beauté laisse place à bien des légendes.

Autour, à côté de l'église, il est fort probable - et on s'accorde à le reconnaître - qu'un habitat ait existé au lieu-dit « Mazière » (9) bien avant la fondation de Castelnau-de-Levis. La construction du "castelnau" va entraîner un effacement progressif du petit village. Ce destin, Mazière le partage avec d'autres hameaux des environs.

L'église comme le village auraient eu «l'honneur» (10) d'être détruits lors d'un passage de Simon de Monfort.

Par ailleurs, Guillaume me fait remarquer la présence dans le bâtiment de moellons bien taillés en tuf qu'il est d'après lui difficile de trouver dans les parages. Remonter la vallée du Bigar serait peut être intéressant avec cette objectif : une carrière de tuf. Une comparaison serait pertinente avec les autres bâtiments des alentours. Nous serons vigilants dorénavant. À commencer avec le château de Castelnau et le bâti ancien à Marssac.

 Le tuf constitue une partie des éléments maçonnés, notamment les pierres d'angle.

Vue du ciel

En tout cas, le vaste terrain plat destiné à devenir un parking au nord de l'édifice réserve de bien belles perspectives archéologiques (11). L'avenir dira...

Nous remercions particulièrement Guillaume Pech pour sa compagnie et la confiance qu'il nous a accordée.

Notes

(1) Nous avons pu visiter le site avec Jean-Pierre Antonini en 2005. Il était encore parmi nous. Nous profitons ainsi de ses remarques.

(2) Il est même possible qu'une allusion soit faite sur les lieux dans le Testament de la comtesse Garsinde de Narbonne à la fin du Xe siècle. C'est dire... 

(3) En 2003, nous avons pu le constater. Tegulae (tuiles plates romaines) en contexte plutôt médiéval et terre noire sur le haut. De la céramique type bas Moyen Âge aussi.

(4) Le toponyme La Glezia est une déformation de l'ecclesia, mot grec puis latin signifiant église, qui a fait en italien la chiesa et en français La chaise (La Chaise-Dieu) mais aussi  le mot "ecclésiastique".

(5) Notamment le colonel Louis Brieussel.

(6) Quelques tegulae serviront à Yann à justifier une présence gallo-romaine. Et pourquoi pas ? On y a trouvé une pièce de monnaie aussi de l'époque moderne.

(7) De - 80 000 à -10 000 av. JC. Creusement intense, remblaiement de la fin des épisodes glacières, suite à des variations climatiques ; c'est une période de forte perturbation du niveau des cours d'eau. Le Tarn comme son affluent le ruisseau de Bigar qui se jette plus à l'ouest.

(8) À quelques 150 m d'altitude environ.

(9) De « maceria ». La ruine en latin.

(10) Une remarque à ce propos. Les exactions causées par Simon de Monfort m'impressionnent beaucoup depuis que je m'intéresse au patrimoine tarnais. Elles sont indénombrables. Les ravages qu'a commis ce « fléau » en quelques chevauchées dépassent l'entendement. Je cherche la part de vérité dans ces légendes dont beaucoup ont pu être construite a posteriori.

(11) Nous y observons des traces circulaires de fosses funéraires néo. C'est leur dimension et leur nombre qui le laisse penser. C'est un espace à protéger et surveiller.

vendredi 8 mai 2015

Au chapitre des mondes disparus: les plâtrières de Mespel


Compte rendu de la sortie du CAPA du vendredi 24 avril 2015



Echantillon de gypse de la carrière de Merlins à Larroque






Secteur : Grésigne



Commune : Larroque(secteur Mespel)



Météo : du brouillard puis beau temps chaud



Participants : Franck, Claudette, Louis F., Charlette, Régine, Bernard A., Bernard D, Jean-Pierre et Christophe



Sites visités : les carrières de Merlins (matinée) et les grottes du Poutou (après-midi)



Sites vus ou évoqués : Hameau de Merlins (non visité) et sites au-dessus de Larroque. Comment s'y rendre ? La maison des Tholozany



Voiture : Jean-Pierre et Bernard A.





 Localisation de la grande carrière de Merlins au nord de Mespel (Carte IGN au 1/25 000). Au passage l'indication IGN d'un four à verre à l'Issart est erronnée. Il s'agit plutôt d'un four à chaux.

Souvenirs, souvenirs

Les plâtrières de Mespel sont exceptionnelles. Pour la roche en question, le gypse, il n'y a pas d'autres spécimens dans le Tarn.

Dans la seconde partie du XIXe siècle, elles appartiennent à la famille noble des Tholozany (1)  Elles le restent jusqu'à l'entre-deux-guerres. Sont-elles plus anciennes encore ? Ce n'est pas impossible. 

Les propriétaires exploitent le gisement de gypse. On sait qu'il y avait deux carrières à ciel ouvert à Merlins, à flanc de coteau. Seule la plus grande est observable aujourd'hui. C'est aussi la plus récente. Celle que nous allons visiter.

On devine parfois la présence de sondage pour évaluer la potentialité des filons. Les archives témoignent qu'il y en a eu. Certains prennent la forme de fosses d'autres de galeries.


Un four à plâtre existait en bas près du ruisseau avec un moulin et des hangars de stockage. En effet, le gypse une fois concassée est cuit pour être déshydraté. En poudre, on l'utilisait pour le stuc des maisons dans la région environnante, pour le chaulage, pour les mortiers. L'opération fut rentable.


Au vu des témoignages anciens récoltés, le dispositif d'exploitation était assez élaboré. Qu'on en juge. Après l'extraction, les ouvriers remplissaient de petits wagonnets de gypse qu'ils faisaient descendre jusqu'au ruisseau via une double voie ferrée (montée-descente). Les rails et wagonnets sont encore visibles, nous en reparlerons.


Ladite plâtrière fonctionna bon gré mal gré jusqu'en 1930. Il y eu certainement un rachat mais les tentatives pour trouver d'autres filons furent vouées à l'échec. Quel péril, quelle concurrence affronta la petite carrière? Nous n'en savons rien mais les archives devraient permettre de l'expliquer.


Autrefois, de Mespel, d'en-bas, on voyait travailler les carriers. La plâtrière devait être un sujet d'occupation. D'occupation et d'activité puisque la quasi totalité du hameau de Merlins (2), installé plus au nord, à quelques centaines de mètres seulement du site, dépendait de la mine d'une façon ou d'une autre.


Aujourd'hui, la végétation a tout envahi. La trouée forestière s'est refermée. Et l'on se doute de rien. C'est peut être mieux ainsi. Retrouver ce lieu de vie et de travail, dresser son état en cette année 2015 nous semblait intéressant.

L'étape d'approche


Nous nous garons à proximité de la maison de “La Trapasse”. Nous longeons un mur de clôture à gros blocs calcaires (3).


D'un pas sûr, Bernard nous conduit à proximité du ruisseau des Beudès dit aussi "ruisseau des plâtrières". À cette période de l'année, il est encore gonflé par les pluies et il n'est pas facile à traverser. Nous l'avons exploré l'année dernière mais bien en aval. Nous y trouvâmes des ruines de moulins. Cette fois-ci, nous nous contenterons de visiter les carrières.

La végétation est encore assez discrète à cette période de l'année. Aussi reconnaît-ton - non loin du cours d'eau - une aire de charbonnage à une couche noire de sol recouverte par les limons. Un cylindre de "marmite" traine un peu plus haut sur un talus.  




Dans les années cinquantes, on utilise de grands récipients de tôle pour fabriquer le charbon de bois. Ce que nous nommons "marmites". Le charbon obtenu était de moindre pouvoir calorifique que celui du procédé traditionnel de la charbonnière.


Nous parvenons à un ponceau bâti qui permettait le franchissement du torrent. Celui-ci divague aujourd'hui sur l'ancien chemin qui conduisait à Mespel.


Le ruisseau-torrent a creusé les grès. Il s'encombre de déchets qui ont déboulé depuis les hauts de la carrière. Ainsi, une benne de wagonnet renversée sur une rive, rongée par la rouille.

Benne basculante à fond creux qui composait un wagonnet

Nous constatons la présence d'une borne forestière apparemment en place. Vu de près, elle porte dans un cartouche le nombre 173? (illisible). C'est un modèle de borne que nous connaissons bien en Grésigne. Je l'ai déjà évoqué lors d'une sortie.

Puis, c'est la montée de Peyre Penne. Dans une combe au départ, un chemin est tracé. À gauche, en bordure, les affleurements montrent la présence des argilites et des pélites.

Ballade dans la plâtriére abandonnée

Tout un réseau. Schéma de terrain levé par Bernard Alet suite à plusieurs explorations 

En haut, après avoir traversé un bois ravagé par les sangliers, nous rejoignons une sorte de plateforme (4). Elle présente une série d'aménagements qu'il n'est pas superflu de noter. D'abord, une amorce de galerie effondrée et la trace toute proche d'une ancienne cabane dont il reste encore les tuiles.

Hors d'usage, une armature métallique pose question. Les restes d'un harnachement de mule peut-être? Des éléments métalliques sont dispersés sur les lieux sans que l'on puisse toujours donner une fonction à chacun.

Le bois a disparu. L'objet pose question.

Partout le lieu, longtemps surexposé à l'érosion, est dangereux. C'est une suite de profonds ravins recolonisés par des acacias et des sureaux. Des chênes ont poussé depuis.

Reste de la voie ferrée

En bordure de plate-forme, le volume des remblais de stériles impressionne. Le spectacle vaut le coup d'œil. Photographiquement, il est très difficile hélas de rendre ses reliefs à l'espace forestier.

Au fil de notre parcours, nous découvrons des wagonnets. On parvient sans trop de mal à reconstituer le tracé du chemin de fer d'exploitation. Il est probable que l'installation a séduit plus d'un gamin.

Le châssis rectangulaire se compose de cinq barres de métal qui forme un rectangle.

Au terme de l'exploration, nous nous approchons d'un front de taille encore visible que nous prenons en photos. 


Une affaire très ancienne 

Le gypse de couleur claire suite au délitement des couches marneuses

Le gypse est la résultante d'une présence marine il y a un peu moins de 300 millions d'années. Au Permien, nous sommes ici-même en bordure d'océan. Des lagunes se forment, se déforment pour se reformer. Des cuvettes remplies par intermittence d'eau marine s'étalaient. Soumises à forte évaporation, l'eau entraînait la formation de croûtes, de pellicules salines (5). Cette saumure est à l'origine du gypse actuel. Le gypse témoigne d'une époque géologique révolue, d'une eau piègée dans le creux de la roche.

Nous le remarquons, des dépôts sédimentaires marneux brunâtres s'intercalent entre les lits de gypse. Ils protègent ce minéral soluble et friable de la disparition. Ce gypse permien à l'aspect d'un sucre un peu rosé. Il est assez différent des gypses que nous avons déjà vu dans des carrières parisiennes, gypse qui sont de formation plus récente.

Les lits blancs de gypse de faible épaisseur. Assez homogènes, ils sont bien visibles mais avec un pendage atypique du à des plissements de la roche.

Étant donnée la nature même du gisement (épaisseur des couches, pendage des roches...) le gypse ne devait pas être facile à extraire.


Retour au petit trot avec fleurs et bâtons. Lorsque nous revenons aux voitures, c'est plein soleil. Nous pique-niquons sur un mur de clôture. 



Frayeur sur la pente


Au sud de Larroque, les abris du Poutou

Nous employons notre après-midi à visiter les grottes du Poutou.


Traversant le village de Larroque, nous empruntons la route vers “La Salette” pour tenter de trouver les abris-sous-roche du Poutou sur la rive gauche de la Vère. Ils sont exposés au nord. Archéologiquement, ce n'est pas le meilleur emplacement (6). 


Les grottes du "Poutou" ou du "baiser"


Ce baiser correspond à celui que donna une mère inquiète à ses enfants qu'elle cacha dans les cavités pour leur éviter une fin tragique lors de la Terreur en 1793. Tout au moins c'est la légende.

Il y a exactement cinq grottes dûment répertoriées (7). Des "fouilles" y ont été menées par le naturaliste Alfred Caraven-Cachin, à la fin du XIXe siècle. Il y trouva des traces moustériennes (silex) et des dents de renne. Il bien difficile d'en savoir plus à l'heure qu'il est.

L'accès aux grottes est compliqué. Le lieu, escarpé, met à rude épreuve nos capacités physiques. Dans l'aventure, Jean-Pierre est même blessé (8), sans gravité fort heureusement. À ce prix, après bien des hésitations et presque un renoncement, nous trouvons la plupart des cavités en question. Elles sont ancrées au pied des falaises comme il est classique en milieu karstique.

Nous constatons sans les explorer la présence de trois grottes (9) assez profondes. Deux manquent à l'appel. Notamment celle au "grand porche". Mal équipés, fatigués, nous rebroussons chemin mais bien décidés à revenir. L'expérience aidant, ce devrait être plus facile.



 Bernard Alet, heureux devant une des grottes du Poutou.

Notes 

(1) Peut être d'origine italienne pour Bernard. Nous tirons nos information surtout de Daniel Loddo, Gents del pais gresinhol, Cordea, La Talvera, Cordes, 2010. Nous disposons de quelques témoignages oraux.


(2) C'est aujourd'hui un hameau en ruine. Il exista quelques années durant une verrerie à Merlins. Il n'y a pas si longtemps on pouvait y admirer un creuset. Il a disparu.



(3) Ils sont d'ailleurs forts intrigants par leur dimension.



(4) Les indications en matière d'orientation ont été données par notre ami Henri Guibert à Bernard Alet. Henri les tenait des chasseurs. Faites-en vous-même l'expérience. Sans guide, il est très compliqué de se repérer. Le lieu est passablement sauvage. C'est un terrain de chasse privé à présent.



(5) C'est d'ailleurs le même principe que les marais salants.



(6) Le lieu idéal est bel et bien celui de la paroi de Larroque visible derrière les maisons du dit village. Un vrai gruyère. Si les plus anciens ont des informations sur l'accès à ces parois, nous sommes preneurs. Plus à l'est, exposé plein sud, le site de Rouquette est beaucoup mieux connu.


(7) Nous nous basons sur Christian Nespoulous, Inventaire spéléologique du Tarn, SSPCV, Département du Tarn, 2, date de parution inconnue. Cet ouvrage précieux est à présent épuisé.


(8) Un caillou dans sa chute lui a percuté le haut de la joue. Il va mieux à l'heure qu'il est. Au moins que cette mauvaise aventure nous serve de leçon dans nos "stratégies" d'approche.



(9) La 4, 5 et 6 d'après les descriptions de Christian Nespoulous.